30.1 % de croissance en 10 ans : en avons-nous profité
Un article de ATQ.
- Dazibao no 52 - Été 2007
Par Martin Leclerc, membre du comité Décroissance
Les comptes économiques provinciaux, publiés par Statistique Canada, indiquent que le produit intérieur brut (PIB) du Québec, en dollars enchaînés de 1997, est passé de 183 à 238 milliards de dollars de 1996 à 2005, soit une hausse de 30.1 %. Le PIB mesure la richesse créée sur le territoire québécois pendant une année, en additionnant la valeur ajoutée dans les différents secteurs d’activités. Un tel indice, exprimé en dollars, nécessite certains compromis dans l’évaluation de la richesse. Par exemple, le « travail au noir » et le bénévolat des militantEs du comité Décroissance des ATQ ne sont pas comptabilisés dans la mesure du PIB. Et pourtant, certains pourraient argumenter qu’il s’agit bel et bien de « valeur ajoutée » contribuant à la richesse de la société québécoise.
D’un autre côté, on peut se questionner à savoir qui bénéficie de la « valeur ajoutée » des marchands d’armes québécois. À titre d’exemple, on peut mentionner SNC Technologies, maintenant propriété de General Dynamics, qui fabrique des munitions pour les armées canadienne et américaine dans le parc industriel de Saint-Augustin-de-Desmaures. La question « Quelle richesse ? » est pertinente ! « La richesse pour qui ? » en est une qui l’est tout autant. Mais une autre qu’on néglige beaucoup trop c’est « La richesse, pourquoi ? » Selon les données démographiques de l’Institut de la statistique du Québec, la population québécoise est passée de 7 233 634 à 7 574 048 Québécoises de 1996 à 2005, ce qui représente une hausse de 4.7 %. À la fin de 1995, la société québécoise ne sortait pas d’une dépression économique, ni d’une guerre civile et encore moins d’un conflit mondial majeur. Elle figurait plutôt dans le peloton de tête des nations pour ce qui est de la qualité de vie de ses habitants.
Alors, comment peut-on expliquer cette différence de 25.4 % entre la croissance du PIB et la croissance démographique ? Est-elle vraiment nécessaire pour le maintien de la qualité de vie ? Ne devrait-on pas « produire autrement » ? Avons-nous besoin d’exporter autant de marchandises aux États-Unis (un autre pays en surcroissance économique depuis plusieurs décennies) ? Est-ce de l’aveuglement volontaire ou sommes-nous seulement des damnées de la Terre pour produire autant et toujours plus ?
Pour nous écrire : decroissance@atquebec.org
À venir : 1er colloque québécois sur la décroissance, samedi 26 mai à Montréal
Détails : http://www.simplicitevolontaire.org/decroissance/colloque.html
