Comité Sans Fluor, Avec ou sans fluor?
De AmiEs de la Terre de Québec.
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Publié le 17 février 2010 à 10h20 | Mis à jour le 17 février 2010 à 10h22
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Le Quotidien, Cyberpresse.ca
Avec ou sans fluor?
Depuis que le projet de fluoration d'eau potable à Saguenay a été annoncé, à la mi-janvier, par la mairie, des citoyens ainsi que divers regroupements font entendre leurs voix afin de manifester leur mécontentement face au projet, alimentant une polémique qui en surprend plusieurs, à commencer par Jean Tremblay lui-même. Mais est-ce si surprenant?
Parmi les principaux groupes qui s'opposent au projet de fluoration de l'eau à Saguenay, la Coalition sans fluor de Saguenay (CSF02) suscite le débat auprès des médias et de la population en s'appuyant sur trois principes directeurs: 1) le principe de précaution; 2) l'eau est un patrimoine commun dont la qualité, la pureté et l'accessibilité doivent être préservées; et 3) le respect des droits et libertés fondamentaux.
Le principe de précaution
Julie Lebnan, membre porte-parole de la CSF02, affirme que l'application du « principe de précaution » est de rigueur dans ce dossier étant donné la controverse entourant la fluoration de l'eau au sein de la communauté scientifique. Bien que les études mentionnent les bienfaits de ce traitement sur les dents, il y en a davantage qui rapportent les effets néfastes sur la santé. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'être un scientifique pour détecter une contradiction dans le fait de vouloir fluorer l'eau pour prévenir la carie alors que tous les tubes de dentifrice contenant du fluor portent la mention « ne pas avaler »...
Selon plusieurs spécialistes, le fluor n'a qu'une action topique et non systémique. En d'autres termes, le fluorure n'agit que s'il entre en contact avec la dent, il est donc inutile d'en avaler. Conséquemment et de manière logique, si le fluor est ingéré, il agira nécessairement sur le reste de l'organisme et c'est ici que les scientifiques interviennent.
Pour ne donner qu'un exemple, un rapport de 450 pages publié en mars 2006 par l'Académie nationale des sciences des États-Unis, confirme que les niveaux autorisés de fluorure dans l'eau potable peuvent engendrer une surdose et qu'ils contribuent à une augmentation des taux de fracture des os, de dommage aux dents et aux articulations (arthrite). Dans ce même rapport, on admet également que l'eau fluorée est possiblement liée à des troubles neurologiques (QI réduit chez les enfants, démence, syndrome de Down, maladie d'Alzheimer), du système endocrinien (glandes thyroïde et pituitaire), du système immunitaire (affecte la moelle des os, là où sont produites les cellules immunitaires), du système digestif, de l'appareil génital, de organes internes (foie et reins), et qu'elle pourrait exacerber les effets synergiques de l'aluminium et du fluorure, le diabète et le cancer.
Un patrimoine universel à préserver
Les enjeux liés à la fluoration sont non seulement reliés à la santé, mais également à l'environnement, puisque seulement 1% de toute l'eau fluorée sera consommée, le reste étant déversée dans l'environnement. Or, il est intéressant de savoir que la Loi canadienne sur la protection de l'environnement classe le fluorure comme produit chimique « persistant », « biocumulatif » (qui s'accumule dans l'organisme) et « toxique ». Environnement Canada le classe comme « déchet dangereux » et Transport Canada, en tant que « marchandise dangereuse ». Selon toute logique, si le fluor (ou fluorure) est considéré comme un polluant toxique pour l'eau, l'air et la terre, comment se fait-il qu'il ne soit pas considéré comme un polluant pour le corps? (Le contre-argument étant ici que la quantité soit si infime qu'elle ne peut avoir d'effet néfaste sur la santé, ce qui contredit l'effet « biocumulatif » du fluorure).
Il y a donc tout un pan du mouvement contre la fluoration composé de groupes environnementaux, dont le Comité de l'environnement de Chicoutimi au Saguenay et certains professeurs en environnement de l'UQAC, dont Nicole Huybens. Celle-ci s'est ainsi prononcée publiquement dans une lettre au Quotidien (le 3 février) intitulée « C'est prendre un canon pour tuer une mouche »...
Les droits et libertés sous la menace des interventions publiques
Nos élus exécutent unanimement, ce qui ne veut pas nécessairement dire démocratiquement, le programme de la Direction de la santé publique visant à fluorer l'eau potable de 50% des villes du Québec d'ici 2012. Il faut dire que bien que la décision leur incombe, le choix est loin d'être partagé dans l'ensemble des villes du Québec. Montréal et Québec ont rejeté la fluoration de l'eau potable, à l'instar de 98% des pays d'Europe. N'oublions pas que d'un point de vue éthique, le fluorure est ajouté à l'eau pour traiter les gens. Il s'agirait donc d'un médicament que tous ceux qui boivent sont forcés d'ingérer, ce qui contrevient à l'éthique médicale et viole la Charte des droits et libertés. L'enjeu du libre choix est soulevé à nouveau, comme il l'a été en automne dernier concernant la vaccination massive lors de l'épisode pandémique (ce pour quoi l'OMS a été sévèrement critiqué après coup).
C'est à partir de ces préoccupations que la CSF02 réagit, en dénonçant le fait que ce dossier n'a fait l'objet d'aucune consultation publique, qu'il était absent de la campagne électorale de Jean Tremblay lors des élections en novembre dernier et que le Conseil municipal (autant que la Direction de la santé publique) ignorent complètement et délibérément les études qui désapprouvent la fluoration. Bref, nous sommes en présence d'un dialogue de sourd. Un sujet aussi controversé devrait pourtant attirer davantage l'attention des citoyens. Selon Mme. Lebnan, porte-parole de la Coalition « il faut miser sur l'opinion publique pour contrer le projet. » Des alternatives viables
Cette dernière souligne également qu'il existe d'autres moyens accessibles et qui peuvent permettre aux gens de prendre leur santé en main (au lieu que ce ne soit le système public qui le fasse à leur place). Par exemple, la sensibilisation et l'éducation à une saine alimentation (éviter le sucre et avoir des apports suffisants en vitamines et en minéraux) peuvent inciter la population à avoir une meilleure hygiène dentaire et permettre de mieux cibler les personnes à risque.
La fluoration de l'eau est un moyen obsolète et non-éthique pour améliorer la santé dentaire d'une population : médicamenter l'eau avec ce produit toxique expose les citoyens à des risques trop importants en matière de santé pour ne pas s'opposer à un tel projet.
Mathieu Bisson
Saguenay
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