Comité Sans Fluor, Gatineau, ville tourmentée!
De AmiEs de la Terre de Québec.
- Publié le 19 février 2010 à 11h50 | Mis à jour le 19 février 2010 à 11h50
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Le Droit
Gatineau, ville tourmentée!
Pendant qu'on s'asticote sur la question de la fluoration à Gatineau, les gens d'Ottawa discutent de la largeur des poussettes dans les autobus. Mardi, dans LeDroit et en comité plénier, comme un gros bouton sur le nez, est réapparue la question de la fluoration de l'eau potable.
Je n'ai pas l'intention de me lancer dans le débat sur la fluoration de l'eau à Gatineau. Je suis en faveur, mais je ne suis pas un croisé de la question. Cependant, c'est le débat sur le débat qui m'agace. Et c'est bien mal parti.
En fait, à chaque fois qu'une question est controversée (fluoration, incinération, antennes), elle soulève des émotions qui vont bien souvent au-delà de la raison raisonnante pour sombrer dans les scénarios de fin du monde et de complots où les idéologies, la science et les dogmes s'affrontent sur un terrain miné. Le comité plénier de mardi nous en a donné un bref aperçu lorsque la question de la fluoration est venue sur le tapis, gracieuseté du plan d'action de la commission Gatineau ville en santé.
Le lit déjà fait
Or, depuis le matin, on savait déjà où on s'en allait sur la question, puisque le collègue Patrick Duquette révélait, dans LeDroit, qu'elle allait sortir des écrans radar. En effet, la conseillère Denise Laferrière avait déjà fait son lit et ce n'est sans doute pas un mystère si le maire Bureau lui a demandé de prendre la responsabilité de la commission Gatineau ville en santé et de tasser ainsi le conseiller Philion. La conseillère déclarait: «Il y a des choses plus urgentes à régler.»
Elle concluait sur le scepticisme des conseillers et que «jamais personne n'est venu pour dire: 'oui, oui j'en veux de la fluoration'.» Elle se rabattait enfin sur le principe de précaution pour se débarrasser du sujet. Ce principe veut qu'en cas de doute, on s'abstienne. Je suis d'accord sur le fond. C'est aussi le tremplin de l'indécision. Elle affirme que le dossier soulève beaucoup d'appréhensions dans la population. Je me demande bien où elle est allée pêcher cela.
Le collègue Duquette, comme bien des citoyens et le chroniqueur, avait lu l'ordre du jour du comité plénier qui avait été communiqué la semaine dernière. Lundi, il a posé la question de la fluoration à la conseillère. C'était comme tenter le diable. Elle ne s'est pas fait prier pour dire le fond de sa pensée et Denise Laferrière parle sans détour.
Bureau
En effet, dans son désir légitime et louable de transparence, le maire Bureau a ouvert les délibérations des comités pléniers. Je suis bien d'accord et Gatineau est un leader en la matière. Les réunions des comités pléniers sont les plus intéressantes, car on discute en profondeur d'une foule de sujets. Toutefois, cette ouverture recèle quelques pièges, comme on en a été témoin mardi.
On a donc fait le débat avant le débat sur la fluoration, alors qu'on discutait de plusieurs questions faisant partie, entre autres, des mandats de Gatineau, ville en santé, dont l'herbe à poux, la malbouffe dans les arénas, les défibrillateurs, Moisson Outaouais, les jardins communautaires et «évaluer les coûts-efficacité du programme de fluoration de l'eau potable dans les aqueducs de la ville.»
C'était comme vouloir enterrer un éléphant dans un carré de sable.
Piqué au vif par ce qu'il avait lu dans LeDroit de mardi matin, le conseiller Philion, ardent promoteur de la fluoration, est monté aux barricades. On sentait cependant qu'il était le seul à vouloir revenir sur cette question avant qu'on en discute plus ouvertement au début mai. Et s'il y avait eu un vote, mardi, je crois que le vote aurait été quelque chose comme 17-2 contre la fluoration. Disons qu'il a toute une côte à remonter.
Le maire Bureau, comme c'est son habitude, est resté sur la clôture en insistant sur le fait que c'est du ressort du gouvernement québécois. Pourtant, la Ville se prononce sur une foule de questions où elle n'a pas besoin de Québec pour lui dire quoi faire. Le comité plénier de mardi s'est ouvert sur une déclaration officielle à l'occasion de la semaine de la persévérance scolaire.
Sophisme
C'est cependant du conseiller Alain Riel, président de la commission de l'environnement, qu'est venue la déclaration la plus étonnante de la matinée. Et je cite: «Quand on crache dans l'environnement un élément qu'on appelle le fluor, vous ne me ferez pas croire qu'il n'y a pas de conséquences pour l'environnement.» Venant du président très allumé du comité de l'environnement d'une ville qui envoie ses vidanges à 200km, une telle déclaration à l'emporte-pièce et en forme de sophisme me laisse songeur.
Voilà un exemple où un échange à huis clos aurait permis de calmer le ton et d'éviter que le débat à venir ne soit qu'un dialogue de sourds. Gatineau, ville tourmentée?

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