Comité Sans Fluor, suivi Gatineau

De AmiEs de la Terre de Québec.

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Publié le 15 février 2010 à 21h23 | Mis à jour le 15 février 2010 à 21h24

Selon la conseillère Laferrière, d'autres dossiers sont beaucoup plus urgents


La fluoration renvoyée aux calendes grecques

Patrick Duquette Le Droit

La Ville de Gatineau met au rancart son projet de fluoration de l'eau potable.

L'ancien président de la commission Gatineau, ville en santé, Pierre Philion, avait fait de la fluoration une priorité de son dernier mandat.

Mais la nouvelle responsable des dossiers touchant la santé à la Ville de Gatineau, la conseillère Denise Laferrière, ne l'entend pas de cette oreille.

« Il y a des choses beaucoup plus urgentes à régler que celle-là. D'autant plus que ce n'est pas un mandat qui relève de la Ville, mais plutôt de la santé publique », dit-elle.

Vantée par les associations dentaires et le ministère de la Santé, la fluoration de l'eau est décriée en raison de ses conséquences mal définies sur la santé et l'environnement.

Fervent partisan de la fluoration, Pierre Philion y voyait un moyen efficace et peu coûteux de réduire la carie chez les enfants défavorisés de Gatineau.

Il avait monté un dossier étoffé sur la question durant sa présidence à la commission Gatineau, ville en santé. Un rapport que Denise Laferrière dit avoir lu en long et en large.

« Personnellement, je trouve que ce n'est ni noir ni blanc, que c'est assez gris comme rapport. C'est-à-dire que si vous êtes favorables à la fluoration, vous allez y trouver des éléments favorables. Mais si vous être contre, vous allez y trouver autant d'éléments qui vous mèneront à dire que ce n'est pas une chose à faire. »

Malgré ses efforts, Pierre Philion n'a jamais réussi à convaincre le conseil municipal d'adhérer à la fluoration. Le scepticisme de ses collègues ne s'est jamais démenti, malgré l'existence de généreux programmes de subventions à Québec et le fait qu'Ottawa fluore son eau depuis 50 ans. En désespoir de cause, Pierre Philion a même réclamé un référendum sur la fluoration. Sans plus de succès.

« Chaque fois qu'il en a été question, dit Mme Laferrière, on avait des citoyens qui venaient dire, à la séance suivante, qu'ils n'en voulaient pas. Ce que je retiens, c'est que jamais personne n'est venu pour dire : oui, oui, j'en veux de la fluoration ! On a toujours eu des opposants. Alors c'est le principe de précaution qui doit s'appliquer : quand tu ne sais pas, abstiens-toi. »

Défendus par deux lobbies bien organisés et armés d'études,

les débats sur la fluoration donnent souvent lieu à des débats acharnés et émotifs, a constaté Mme Laferrière. « On a tellement de dossiers qui nous préoccupent et qui relèvent du mandat de la Ville, qu'on n'est pas pour aller se mettre le doigt entre l'arbre et l'écorce, et se mettre à dos la population, s'il n'y a pas de volonté ferme de la part (du conseil municipal). »

« Dans le fond, la fluoration, ce n'est pas évident à 100 %, reprend-elle. Et tant que ce sera comme ça, c'est bien de valeur, mais on ferait mieux d'éduquer la population. Dire aux parents d'utiliser du dentifrice fluoré pour leurs enfants. Leur dire aussi de manger moins de sucre, de boire moins de boissons gazeuses. Ça aura le même résultat. Si on mange des fruits et des légumes, c'est rare qu'on a des caries ! »

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