Communiqué, 2006-05-25
Un article de ATQ.
Québec, le 24 mai 2006 – À l’heure où le débat sur la modernisation de l’incinérateur fait rage au Conseil d’agglomération, le Comité de citoyens et de citoyennes pour la fermeture de l’incinérateur (AmiEs de la Terre de Québec), le collectif Éco-Quartier du centre Jacques-Cartier (et le Conseil de quartier du Vieux-Limoilou sont très préoccupés par le fait que la capacité maximale de l'incinérateur prévue dans le Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) soit déjà dépassée. Alors que l’incinérateur fonctionne à pleine capacité, ces groupes croient que les vraies solutions de remplacement à l'incinération et les mesures favorisant une réduction de la quantité de matières envoyées à l'incinérateur doivent être mises en application le plus rapidement possible.
Or, une volonté claire d'agir en ce sens et un soutien financier conséquent aux alternatives se font toujours attendre. «Au moment où on apprend que la cueillette des matières putrescibles est retardée d’un an et que tous les résidant-es n’auront accès à ce service seulement qu'en 2011, nous croyons qu’il est possible de faire davantage» soutient Joëlle Gauvin-Racine du Comité des citoyens et citoyennes pour la fermeture de l’incinérateur.
Les trois groupes, qui avaient pris position pour la fermeture de l’incinérateur lors des consultation publiques sur le PGMR en 2004, sont également inquiets des révisions à la hausse des coûts pour la réfection de l'incinérateur, qui risquent de compromettre le plan de fermeture pour 2024. Le nouveau montant prévu pour la modernisation de l'incinérateur est de 57 M$, alors que lors de l'adoption du PGMR, on avait annoncé qu'il en coûterait 46 M$ (plus ou moins 20%). Pourtant, «c’est en grande partie l’argument économique qui avait prévalu entre le choix de maintenir l’incinérateur ouvert et celui de le fermer en s’orientant vers une stratégie Zéro Déchet», rappelle Mme Gauvin-Racine. Les groupes estiment que ce raisonnement tient encore moins la route aujourd'hui.
Pendant ce temps, les listes d'attente s'allongent pour les résidants des quartiers centraux qui souhaitent se joindre aux projets de compostage communautaire déjà en place. Les groupes qui rendent possible des initiatives novatrices ayant déjà fait leurs preuves, tels le collectif Éco-Quartier, ne reçoivent pas le financement nécessaire à la poursuite de leurs activités. Depuis 2003, ce collectif a mis sur pied diverses activités de sensibilisation et de compostage des matières putrescibles. En 2005, avec très peu de moyen, 500 résidant-e-s des quartiers centraux ont composté plus de 7 tonnes de matières putrescibles et 1100 autres ont été sensibilisés à la pratique du compostage ou du vermicompostage. «Nous sommes d'avis que les sommes additionnelles investies dans la réfection de l'incinérateur devraient plutôt servir à financer les alternatives à l'incinération» souligne Suzie Cloutier, du collectif Éco-Quartier.
Le Conseil de quartier du Vieux-Limoilou pour sa part rappelle que la problématique de l'incinération des déchets touche particulièrement les résidants des quartiers à proximité de celui-ci qui subissent les effets des rejets des dioxines et des furannes et qui sont incommodés par le bruit et la circulation autour de l'incinérateur.
La CMQ s’est engagée à porter en 2008 à 60 % la proportion des matières qui sont détournées de l'élimination. Pour ce faire, elle doit faire preuve de créativité et de leadership et soutenir des alternatives proches des citoyens et des citoyennes. De plus, elle doit garder le cap sur l'atteinte de l'objectif ultime qui rappelons-le prône la fermeture de l'incinérateur en 2024. C’est la seule voie d’avenir menant à des collectivités viables.
Informations et entrevues :
Joëlle Gauvin-Racine, Comité des citoyens et citoyennes pour la fermeture de l’incinérateur : 529-9770
Suzie Cloutier, Éco-Quartier du Centre Jacques-Cartier : 523-4580
Nancy Desharnais, Conseil de Quartier du Vieux-Limoilou: 641-6601 #3621
