Communiqué, 2006-10-23

Un article de ATQ.

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Les terminaux méthaniers sur le Saint-Laurent : une menace pour le climat !
Le projet de terminal méthanier Rabaska favorise la surexploitation des combustibles fissiles.


Québec, le 23 octobre 2006 – L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et les AmiEs de la terre de Québec soulignent que le projet Rabaska émettrait 146 000 tonnes de GES, soit l’équivalent de 37 000 automobiles, et ce, dès 2010. De prime à bord, ce chiffre peut sembler peu significatif pour le Québec et le Canada. Toutefois, lorsqu’on se penche sur l’ensemble des projets pétroliers et gaziers au Canada et sur les mesures à prendre pour réduire les émissions de GES, la donne change de façon considérable. Selon nous, c’est là que réside le cœur du problème.


Le 8 mai dernier, Rabaska affirmait que « les marchés de Rabaska sont le Québec et l’est de l’Ontario et non les États-Unis ». Or, selon l’étude d’impact du promoteur, l’utilisation du GNL génèrera 6 millions de tonnes de GES aux États-Unis. Rabaska n’a jamais expliqué pourquoi 79% des émissions dues à l’utilisation du gaz seront générées aux États-Unis (voir le tableau à l’annexe 1). De plus, les estimations de Rabaska reposent sur une étude menée par Energy and Environmental Analysis, inc. (EEA) qui fait la mise en garde suivante : « Cependant, pour différentes raisons, les résultats réels peuvent différer substantiellement des projections, résultats prévus ou autres prévisions exprimées dans le présent rapport, incluant entre autres, les conditions économiques […] » Pour nous « ceci signifie que les émissions réelles de GES produites par Rabaska et ses clients risquent de varier substantiellement de celles présentées. Une telle mise en garde combinée aux hypothèses de calculs, nous amènent à conclure que les estimations de Rabaska quant aux émissions de GES sont largement sous-estimées. » Pour sa part, Énergie Cacouna prévoit que son projet émettrait entre 12 et 13 millions de tonnes de GES au total.


Nous ne sommes pas les seuls à remettre en question les affirmations du promoteur en ce qui concerne les GES. Dans son rapport soumis à l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, la Direction générale de la santé environnementale et de la sécurité des consommateurs affirmait ceci : « Quoique, à prime abord, la perspective d’ajouter une nouvelle source d’approvisionnement en gaz naturel puisse, du point de vue stratégique, apparaître intéressante pour le Québec, l’impact réel de ce projet sur les émissions de GES apparaît incertain ». L’apport de gaz ne favorisera en aucun cas l’économie d’énergie, et reportera à plus tard des mesures de réduction de la consommation énergétique, et plus important encore, le gaz naturel, à cause de son image « propre » sera en compétition avec les énergies vertes. Bref, selon Élizabeth Boivin, ingénieure à la direction générale de la santé environnementale, « l’implantation d’un port méthanier ne devrait en rien amoindrir le problème » des émanations de GES.


Selon nous, « il apparaît évident que l’on cherche à accroître la production et la disponibilité de gaz naturel au Canada pour soutenir non seulement nos efforts d’exportations vers les États-Unis, mais surtout, pour permettre au secteur des sables bitumineux de maintenir sa croissance phénoménale. » Ainsi, nous estimons que « Rabaska avantagera davantage l’Alberta que le Québec puisqu’il favorisera l’exploitation et l’exportation du pétrole albertain. Par conséquent, le projet contribuera à accroître les émissions de GES produites par le secteur des sables bitumineux. » C’est d’ailleurs l’avis du Gouvernement du Québec.


Récemment, la Commissaire à l’environnement et au développement durable du Canada, Johanne Gélinas, soulignait dans son rapport que «les changements climatiques sont une réalité et peu importe la façon de voir les choses, les enjeux sont de taille pour le Canada ». Elle ajoute que « le gouvernement fédéral dispose [pourtant] des ressources et des pouvoirs pour agir […] ». Selon Mme Gélinas, le « gouvernement fait peu d’efforts pour tenir compte de l’essor sans précédent de l’industrie pétrolière et gazière » au Canada. D’où l’importance, selon nous, de ne pas aller de l’avant avec un projet comme celui de Rabaska. Qui plus est, le Canada refuse de financer les efforts québécois pour lutter contre les changements climatiques.


Pour finir, le nouveau plan d’action 2006-2012 de Québec prévoit une série de mesures pour limiter les émissions de GES et pour lutter contre les changements climatiques. Québec prévoit investir 20$ en moyenne par tonne de réduction de GES. « C'est-à-dire qu’il en coûtera 2,9 millions par année au gouvernement du Québec, et ce, uniquement pour les émissions de GES produites par le terminal de Rabaska. Ce n’est pas aux québécois de payer pour ça ! ».


Sources :

Mathieu Castonguay

AQLPA

(418) 642-1322

(418) 952-5222 (cellulaire)


Patrick Bacon

AmiEs de la terre de Québec

(418) 524-2744

(418) 529-4407