Enjeux environnementaux du « PSP »
De AmiEs de la Terre de Québec.
- Dazibao no 53 - Automne 2007
Par Marie-Amélie Boucher, Éditorialiste
Le 20 août dernier à Montebello, au Québec, notre premier ministre, Stephen Harper, rencontrait ses homologues états-unien (Georges Bush) et mexicain (Felipe Calderon) à l’occasion de leur sommet annuel sur le Partenatiat nord-américain pour la Sécurité et la Prospérité (PSP). La création du PSP est relativement récente. Il a été lancé à Waco, au Texas, en mars 2005, et se superpose en quelque sorte à l’Accord de libre échange nord-américain (ALÉNA) dont il renforce les positions. La particularité du PSP réside dans la forte implication du secteur privé en son sein. Le PSP se veut un outil pour augmenter ou à tout le moins maintenir la prospérité des grandes entreprises dans un contexte de compétition internationale croissante et de menace terroriste grandissante. L’implication du secteur privé passe par le Conseil nord-américain de la compétitivité (CNAC), un organisme créé lors du 2e sommet du PSP, à Cancún au Mexique, en 2006. Le CNAC regroupe dix chefs de grandes entreprises de chaque pays et émet des recommandations aux gouvernements canadien, états-unien et mexicain sous forme de rapport.
Lors du sommet de Montebello, les principaux sujets de discussion étaient le « Cadre de coopération en matière de réglementation », l’alimentation, «l’Accord de coopération trilatéral en science et technologie énergétique » de même que la question de l’énergie en général, les frontières et la gestion des urgences et des catastrophes. Les questions relatives à l’alimentation saine et sécuritaire, au commerce de l’eau, à l’extraction de pétrole et des sables bitumineux et à la militarisation du territoire font également partie des inquiétudes des opposant(e)s au PSP (http://www.rqic.alternatives.ca/RQIC-fr.htm).
Le « Cadre de coopération en matière de réglementation » vise à uniformiser la réglementation des trois pays afin de réduire les coûts pour les entreprises et de minimiser les obstacles au commerce. Les opposant(e)s au PSP critiquent cette mesure car en présence d’un joueur aussi puissant et influent que les Etats-Unis, le Canada et le Mexique pourraient être amenés à ajuster leurs réglementations à celles de l’oncle Sam. Or, plusieurs normes et règlements, entre autre en matière d’environnement et de droit des travailleurs et travailleuses, sont moins sévères aux Etats-Unis qu’au Canada.
Lors du sommet de Montebello, l’emphase a été mise sur la question de l’énergie. Si on a beaucoup discuté du concept d’énergie « propre », reste à savoir ce qu’on entend vraiment par « propre ». Par exemple, on encourage le recours aux biocarburants. Or, la production de biocarburant en grande quantité nécessite de grandes monocultures de maïs ou de canne à sucre et requière beaucoup de main d’œuvre à rabais .
1- Voir entre autre Philips, T., « Les dégâts sociaux du plan biocarburant », The Guardian, Londres, extrait paru dans le Courrier International, no. 856, page 22.
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