Fermeture de l'incinérateur. Pour un 400ème véritablement vert

De AmiEs de la Terre de Québec.

Dazibao no 54 - Hiver 2008


Par le comité des citoyen(ne)s pour la fermeture de l'incinérateur


Dans cette course à la mairie où le «développement durable», «la jeunesse» et «l’avenir» sont sur les lèvres de tou(te)s les candidat(e)s, il est étonnant de constater qu’on parle très peu des aberrations qui existent présentement sur le territoire de la Ville et des solutions pour les faire disparaître. Le Comité des Citoyen-nes pour la fermeture de l’incinérateur des ATQ déplore le peu d’importance accordée à la question des matières résiduelles dans le cadre de la campagne électorale municipale actuelle. Même si la question des matières résiduelles n’a pas été abordée dans le cadre de cette campagne, les raisons pour se pencher sur le dossier ne manquent pas. Selon le comité, les dépassements de coûts prévus pour la réfection de l’incinérateur constituent à eux seuls une importante raison de remettre en question l’approche pro-incinération actuellement favorisée par CMQ-Rive-Nord. Les réparations, que l’on avait chiffré à quelques 46 M$, dans le cadre d’études précédent les consultations sur le Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR), ont été réévaluées à la hausse après l’adoption du PGMR, passant de 46 M$ à 54 M$,. puis à 58 M$. Conséquemment à la disparition des M$ engloutis par l’incinérateur, d’autres objectifs du PGMR ne pourront pas être respectés. Le budget prévu aux communications (incluant la sensibilisation et l'éducation) a été coupé de 50 % en 2006 et de 40 % en 2007. Le fonds de1 M$ pour les alternatives à l’incinération ne permettra pas, contrairement à ce qu’espérait le Comité, de venir en aide aux organismes déjà impliqués sur le terrain. Cet argent ira plutôt dans un compte qui servira à financer les alternatives lorsque la fin de l’incinérateur, prévue pour 2024 dans le PGMR, approchera. «L’existence de l’incinérateur, que l’on doit rentabiliser et alimenter en déchets au quotidien, tue la volonté politique et empêche la mise en place d’une véritable campagne de réduction-réutilisation-recyclage-compostage. Même le BAPE1 reconnaît cette relation de nuisance » soutient M. Couture.

Un rapport de mars 2007 de la direction de la Santé publique de la Capitale-Nationale semble en bonne partie donner raison au comité pour la fermeture de l’incinérateur puisque, tout en faisant appel au principe de précaution, il recommande « la mise en exploitation d’un centre de stabilisation biologique des déchets résiduels(…), une réduction progressive de 50% de la capacité de l’incinérateur avec modernisation partielle tout en prévoyant ultimement la fermeture de l’incinérateur. » Ce rapport conclut également que « la seule voie de résolution à long terme de la problématique de la gestion des matières résiduelles ne peut passer que par une politique agressive de réduction à la source ».

http://www.incinerateur.qc.ca/pdf/sante_inc.pdf

1.Déchets d’hier, ressources de demain, Rapport de la Commission sur la gestion des matières résiduelles au Québec, BAPE, 1997