Gestion intégrée de l’eau dans l’histoire environnementale : savoirs traditionnels et pratiques modernes
De AmiEs de la Terre de Québec.
- Dazibao no 50 - Hiver 2007
Par Marie-Amélie Boucher, membre du comité Eau
Du 27 au 29 octobre dernier se tenait le colloque «Gestion intégrée de l’eau dans l’histoire environnementale : savoirs traditionnels et pratiques modernes» à l’Université Laval. Ce colloque était organisé par la Chaire de recherche du Canada en interaction société-environnement naturel dans l’empire romain. La liste des sujets couverts lors de cet évènement est impressionnante : le prix de l’eau courante dans l’empire romain, l’impact de la géographie des cours d’eau sur le développement des villes, la pisciculture, les techniques de drainage des villes situées en milieu humide et la gestion de l’eau dans les milieux secs pour n’en citer que quelques-uns. Humble profane, je ne me doutais pas que le savoir des Romains en matière de gestion de l’eau était à ce point considérable.
Par exemple, la communication de Mme Hélène Dessales de l’École Normale Supérieure de Paris m’a permis de découvrir les différents facteurs influençant le prix de l’eau courante à cette époque. Ce coût, très variable d’une ville à l’autre, était en partie assuré par les taxes. Le raccordement au réseau pouvait aussi être offert par l’empereur en guise de récompense, par exemple à un soldat ayant fait preuve de bravoure. L’eau était distribuée par gravité dans les maisons par des tuyaux de plomb (!) à partir d’un château d’eau. Les ateliers tels que les teintureries pouvaient, moyennant une certaine somme, recueillir l’eau de trop plein des fontaines. De plus, Mme Dessales a mentionné le puissant caractère symbolique de l’eau dans l’empire. Dans la ville de Pompéi, elle a pu observer que certaines maisons moins fortunées non-raccordées à l’eau courante comportaient une fresque représentant une fontaine.
Lors du colloque, on a souligné l’ampleur du travail qui reste à faire sur la gestion de l’eau dans l’empire romain. En effet, si la majorité des pratiques ayant cours à Rome sont connues, ce n’est pas le cas des petites villes de l’empire.
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