L'intégration de l'Amérique du Nord : Soyons vigilants !
De AmiEs de la Terre de Québec.
- Dazibao no 52 - Été 2007
Par Marie-Amélie Boucher, membre du comité Eau
En avril dernier, le Conseil des Canadiens mettait la main sur un document intitulé « Projet sur le futur de l'Amérique du Nord 2025 ». Ce document est le fruit de réflexions sur l'intégration continentale menée par le Conference Board (Canada), le Center for Strategic and International Studies (États-Unis) et le Centro de Investigación y Docencia Económicas (Mexique). Ces trois groupes sont composés de personnes issues du milieu des affaires et d'intellectuels de droite. Il ne s'agit pas d'institutions démocratiques et ils n'ont pas de pouvoir politique officiel, mais la puissance économique qu'ils représentent leur permet d'exercer une pression sur les gouvernements. Ils se regroupent périodiquement à huis clos dans différentes villes des trois pays et tentent d'attirer des hauts fonctionnaires des gouvernements fédéraux dans leurs rangs. Le rapport obtenu par le Conseil des Canadiens aborde différents thèmes tels la sécurité, l'énergie, la mobilité des travailleuSErs et l'environnement. En ce qui a trait à l'environnement, l'eau est le secteur qui reçoit le plus d'attention. On propose entre autres de « ... conclure des ententes régionales entre le Canada, les États-Unis et le Mexique sur des questions comme la consommation d'eau, les transferts d'eau (et) les déviations artificielles de l'eau douce ... ». Ce n'est pas la première fois qu'un projet d'exportation d'eau est porté par un groupe d'intérêt. Heureusement, ces projets sont habituellement jugés irréalisables ou trop coûteux par les gouvernements et les expertEs scientifiques. Néanmoins, il est impératif de demeurer vigilants par rapport à toute proposition de marchandisation de l'eau. Récemment, la coalition Eau-Secours, dont les AmiEs de la Terre font partie, s'est unie au Conseil des Canadiens pour exhorter les hauts fonctionnaires canadiens à ne pas prendre part à la rencontre qui réunissait les trois groupes, à Calgary, le 27 avril dernier. Le premier ministre Harper a fini par déléguer un sous-ministre pour affirmer publiquement que « Le Canada n'avait donné aucun mandat à l'un ou l'autre des trois organismes à l'origine de ce forum privé sur la continentalisation éventuelle des ressources naturelles des trois signataires de l'ALÉNA. » S'il faut se réjouir de cette victoire, il ne faut pas pour autant se croire à l'abri d'autres projets semblables et demeurer vigilantEs.
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