La crise forestière : l’industrie continue à dicter les règles du jeu…pour le bradage final!

Un article de ATQ.

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Dazibao no 50 - Hiver 2007


Par Émilie Dufour


La dernière année enregistre plus de 7000 pertes d’emploi, la fermeture de nombreuses usines et une forêt québécoise qui ne se porte guère mieux… Guy Chevrette, ancien ministre des ressources naturelles et actuel président du conseil de l’industrie forestière du Québec n’hésite pas à pointer les écologistes et les Premières Nations comme étant les véritables responsables de cette crise, alors que le rapport Coulombe l’a clairement démontré : cette crise prends ses racines dans un modèle de gestion défaillant qui a surexploité nos forêts et leur communautés depuis des décennies, profitant à court terme qu’aux industries elles-mêmes. Un résultat prévisible, lorsque c’est l’industrie qui dicte les règles du jeu… Depuis longtemps et malgré sa main mise sur la gestion forestière, l’industrie a fait preuve de myopie tout comme les grandes organisations capitalistes qui continuent de coloniser sans scrupules les régions ressources pour en retirer le maximum de profit. Plutôt que de saccager le capital nature de la forêt et pour rester compétitive sur la scène mondiale, l’industrie forestière québécoise aurait dû investir dans l’entretien et la modernisation des usines et dans la seconde et troisième transformation, s’adapter à la demande de plus en plus grande en produit certifié en plus de prévoir l’appauvrissement des forêts en terme de productivité et de rentabilité. Les forêts du sud disparaissant, l’industrie doit maintenant aller couper plus au Nord, ce qui entraîne une hausse des coûts d’approvisionnement et de transformation. De plus, la demande américaine a ralenti ce qui a fait chuter les prix de vente des produits du bois. Finalement, la population exige dorénavant que l’industrie paie pour les pots cassés et tiennent compte des coûts environnementaux de ses méthodes. C’est d’ailleurs cet élément qui donne le plus de maux de tête à nos pauvres industriels! L’industrie, tout comme le gouvernement, doit se rendre à l’évidence, notre modèle de gestion forestière doit vivre un changement radical et c’est la population qui doit s’assurer que les règles du jeu soient modifiées! Veillons à ce que la forêt ce ne soit plus perçue comme une cour à 2 par 4, mais plutôt comme un milieu de vie complexe et autonome.