Le projet Rabaska : les commissaires prolongent leur analyse

De AmiEs de la Terre de Québec.

Volet Communication

Dazibao no 52 - Été 2007


par Patrick Bacon


Le projet d’implantation d’un terminal méthanier, à Lévis, continue de faire couler beaucoup d’encre. Les opposantEs et les personnes favorables attendent impatiemment que la commission du BAPE dépose son rapport au gouvernement du Québec. Fait inusité pour une commission du BAPE, les commissaires ont demandé une prolongation de mandat de deux mois pour compléter leur analyse. Quelle est la signification de ce délai ? Visiblement, le dossier est fort complexe et de nombreuses informations doivent faire l’objet d’une seconde analyse.


Lors des audiences publiques, plusieurs témoignages ont mis en lumière de nombreuses incohérences, notamment en ce qui a trait aux besoins réels du Canada pour le gaz naturel liquide (GNL). Il faut le rappeler, le Canada est l’un des plus gros pays exportateurs de gaz naturel dans le monde. En ce qui a trait aux conséquences du projet sur les émissions de gaz à effets de serre (GES), les calculs et hypothèses du promoteur peuvent être mis en doute. Est-ce que c’est pour ces raisons que les commissaires ont demandé un délai ? Difficile d’y répondre.


Les AmiEs de la Terre et l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) ont soulevé, lors des audiences, le problème posé par l’intensification de l’exploitation des sables bitumineux. Cette industrie a besoin de plus en plus de gaz naturel pour extraire le bitume du sol; l’Alberta pourrait profiter grandement d’une réduction de ses exportations de gaz vers l’est du Canada pour accroître sa production pétrolière. Si tel est le cas, les émissions de GES pourraient continuer de croître de façon importante, d’où le refus du gouvernement canadien à souscrire aux objectifs et échéanciers du protocole de Kyoto.


D’ailleurs, le plan d’action du gouvernement Harper, en matière de lutte contre les changements climatiques et la pollution atmosphérique, n’est aucunement contraignant pour l’industrie pétrolière de l’Alberta. Alors que le plan d’action du gouvernement canadien prévoit une réduction de 45% des émissions de composants organiques volatiles (COV), et de 40% des oxydes de nitrate pour 2015, l’industrie des sables bitumineux augmentera, quant à elle, ses émissions de 60% (COV) et de 5% (oxydes de nitrate). Cette nouvelle révélation d’Environnement Canada soulève une importante question. Est-ce que l’un des plus gros secteurs industriels canadiens peut échapper à la justice environnementale ? Poser la question, c’est y répondre !