Retour sur le Forum social québécois

De AmiEs de la Terre de Québec.

Dazibao no 53 - Automne 2007


Par Joëlle Gauvin-Racine, membre des ATQ


Le soleil brillait sur Montréal le 26 août dernier, lors de la clôture du 1er Forum social québécois (FSQ). Environ 5 000 personnes, dont la moitié venait de l’extérieur de Montréal, ont pris part à cette expérience qui s’est étendue sur quatre jours, au cœur de la ville. Une telle participation en a surpris plus d’un et a dépassé les attentes des organisateurs. On notait aussi une diversité dans les groupes et intérêts représentés, bien que la grande majorité des gens sur place semblaient être des personnes déjà engagées dans des processus collectifs visant la transformation sociale. Ainsi, même si au cours des mois ayant précédé la tenue du FSQ, des militantEs de plusieurs organisations ont douté du momentum ou de l’ancrage du processus, il semble que beaucoup aient néanmoins choisi de répondre à l’appel, de laisser tomber certaines barrières et d’aller à la rencontre de ce qui allait se produire sur place. Je crois que les personnes qui s’y sont rendues dans cet état d’esprit ont apprécié leur expérience.


C’était pari ambitieux que d’orchestrer une programmation de plus de 400 activités, la plupart « auto-gérées », c’est-à-dire proposées et prises en charge par les groupes et individus participants. Défi relevé avec brio, tant au plan de la logistique que de la qualité des interventions. Soulignons aussi les efforts pour intégrer la pensée et les pratiques écologistes, tant dans le fonctionnement pratique de l’événement que dans les débats. Évidemment, il y a toujours de la place pour faire plus, mieux. La principale critique qu’on peut apporter au FSQ, c’est peut-être que la diversité y était souvent juxtaposée, plutôt qu’engagée dans des intersections, des croisements. Mais on ne peut exiger d’un événement, qui plus est, à sa première édition, qu’il fasse ce que souvent, on ne fait même pas nous-mêmes dans nos pratiques et dans nos luttes : sortir de nos réseaux habituels, initier des espaces « multisectoriels » d’analyse et d’action communes dans nos organisations, nos quartiers… « Un autre Québec est en marche » : à nous de jouer pour que ce slogan du FSQ devienne réalité, non pas uniquement quand on prend la rue, mais dans chacun de nos pas.